Portraits Fantômes

En 2004, Mickaël Phelippeau a habité chez Marine pendant une semaine. Il ne connaissait rien d’elle. Il ne savait même pas, quand il est arrivé, qu’il vivait chez une femme. Mais grâce aux photographies accrochées au mur au dessus du buffet, aux CDs de Céline Dion, aux revues et aux livres laissés çà et là, il a composé et performé un portrait de cette femme dont il a approché une certaine intimité. La rencontre a posteriori avec Marine a confirmé une étrange proximité avec sa vie et une distance qui lui a donné la sensation d’être totalement protégée. Le rapport entre réalité et fiction décuple un éventail impressionnant de possibles. C’est avec le souvenir de cette expérience que le désir de réitérer l’aventure a germé.

C’est ainsi qu’en avril 2013, dans les rues de Brétigny s/Orge, dans certains journaux locaux, il était possible de lire l‘annonce suivante :

« Mickaël Phelippeau, artiste chorégraphique, cherche trois appartements, studios, lofts, maisons, châteaux, fermes et/ou cabanes dans l'Essonne laissé(e) pour une durée de 3 jours entre le 29 avril et le 12 mai 2013 pour y résider. Le but est de fantasmer un portrait chorégraphique de ses habitant·es à partir de et à travers leurs espaces, leurs objets, leurs musiques, leurs livres, etc. Les habitant·es laisseront leur logement pendant cette période à Mickaël Phelippeau pour lui permettre de brosser un portrait par ses contours, un portrait en creux. Cela donnera lieu à une déambulation publique dans les différentes habitations ainsi prêtées à l'issue des 15 jours. La rencontre entre les habitant·e·s et l'artiste se fera à l’issue des restitutions. »


La création de cette forme particulière a eu lieu en mai 2013 à Brétigny, en partenariat avec le Théâtre Brétigny, scène conventionnée.

Le projet s’est poursuivi en mai 2014 au Quartz, scène nationale de Brest (dans le cadre du festival Les Humanités).

En 2017, les Portraits Fantômes se sont déployés à Arles et à Orléans; en 2018, à Château-Thierry avec L'échangeur, CDCN Hauts-de-France; en 2019, à Lorient avec le Théâtre de Lorient, Centre dramatique national.