Portraits Fantômes

Il y a dix ans, Mickaël Phelippeau a habité chez Marine pendant une semaine. Il ne connaissait rien d’elle. Il ne savait même pas, quand il est arrivé, qu’il vivait chez une femme. Mais grâce aux photographies accrochées au mur au dessus du buffet, aux CDs de Céline Dion, aux livres et aux revues laissés çà et là, il a composé et performé un portrait de cette femme dont il a approché une certaine intimité. La rencontre a posteriori avec Marine a confirmé une étrange proximité avec sa vie et une distance qui lui a donné la sensation d’être totalement protégée. Le rapport entre réalité et fiction décuple un éventail impressionnant de possibles. C’est avec le souvenir de cette expérience que l’artiste propose de réitérer l’aventure.

C’est ainsi qu’en avril 2013, dans les rues de Brétigny, dans certains journaux, il était possible de lire l‘annonce suivante :

Mickaël Phelippeau, chorégraphe, interprète et plasticien, cherche appartement, studio, loft, maison, château, ferme, cabane dans l'Essonne laissé(e) pour une durée minimum de 4 jours entre le 29 avril et le 12 mai 2013 pour y résider.
Le but est de fantasmer un portrait chorégraphié de l'habitant à partir de et à travers ses espaces, ses objets, ses musiques, ses livres, etc.
L'habitant laissera son logement pendant cette période à Mickaël Phelippeau pour lui permettre de brosser un portrait par ses contours, un portrait en creux.
Cela donnera lieu à une déambulation publique dans les différentes habitations ainsi prêtées à l'issue des 15 jours. La rencontre entre les habitants et l'artiste se fera au moment des restitutions et après, celle-ci pouvant également faire l'objet d'un entretien.


La création de cette forme particulière a eu lieu en mai 2013 à Brétigny, en partenariat avec le Théâtre Brétigny, scène conventionnée. Le projet s’est poursuivi en mai 2014 au Quartz, scène nationale de Brest, dans le cadre du festival Les Humanités.

En 2016, ce projet atypique a été mis en œuvre dans deux villes, en partenariat avec deux structures : en mars au Theater Freiburg en Allemagne (première internationale) et en avril au Théâtre Louis Aragon, scène conventionnée danse de Tremblay-en-France.